Mon mail au Président de la République : suite et fin !

Voici la suite et fin de cette aventure rocambolesque où je vais beaucoup parler de Pôle Emploi ! Pour les retardataires, voici le premier épisode de cette série : Mon mail au président de la république

Nous nous étions arrêtés au moment ou j’attendais une réponse du Préfet des Bouches-du-Rhône… Et bien je l’ai eu ! Le Préfet à transmis mon courrier à la sous-préfecture d’Arles. C’est donc elle qui m’a répondu. Et oui, c’est une magnifique réponse vaseuse ! Mais au moins, ils m’ont répondu, comme prévu :

“Madame, 

Le Préfet des Bouches du Rhône m’a transmis le courrier datant du 3 mai dernier, que vous avez adressé à la Présidence de la République faisant part des difficultés que vous rencontrez pour accéder à un emploi dans le secteur de la petite enfance.

Je vous informe que j’ai saisi les services de Pôle Emploi afin que votre situation soit examinée.

Je vous prie d’agréer, Madame, l’expression de ma considération distinguée.”

Comme si Pôle Emploi pouvait faire quelque chose, ça va bientôt faire deux ans que j’y suis inscrite… Bref. Je me suis décidé à leur répondre aujourd’hui, car il y a plusieurs choses que je ne comprends pas. Et puis, je veux tout simplement me faire entendre, ça peut peut-être faire bouger les choses (heeeu tu espères trop, Anaïs). Voici donc ma réponse adressée à la Madame concernée. Désolée, c’est encore un peu long, en plus je raconte encore ma vie. Je me répète par rapport à ma première lettre, mais c’est pour remettre les choses dans le contexte.

“Madame Trucmuche,

Je me permet de vous écrire suite à un courrier que datant du 1er juillet 2013 au sujet des difficultés que je rencontre lors de mes recherches d’emploi dans le domaine de la petite enfance (ainsi que dans d’autres domaines). J’avais écris au préalable au Président de la République qui avait transmis mon courrier au Préfet des Bouches-du-Rhône, puis à la sous-préfecture d’Arles.

Je me présente : je m’appelle Anaïs Gnagnagna, j’habite à Truc Bidule, non loin d’Avignon. J’ai 24 ans, et je n’ai toujours pas trouvé d’emploi stable.
Dans votre courrier, vous dites avoir saisi les services de Pôle Emploi pour que ma situation soit examinée. Sachez que je suis inscrite à ce service depuis bientôt deux ans, et personne ne m’a jamais vraiment aidé. Si nous ne leur demandons pas d’aide, personne ne nous contacte pour prendre de nos nouvelles. Je me demande donc ce qu’ils pourraient bien faire de plus.

Cela dis, je fais en ce moment partie d’un dispositif aidant les jeunes de moins de 26 ans à trouver un emploi (Accord National Interprofessionnel jeune). Il m’a été proposé par le Pôle Emploi de Châteaurenard dont je dépends et dure 6 mois. Nous avons un conseiller attitré à qui nous donnons des nouvelles au moins une fois par semaine à propos de nos recherches. Je suis bien contente de faire partie de ce dispositif, d’autant plus que ma conseillère, Emilie Blablabla, et une personne vraiment sympathique et compétente.

Comme vous le savez, je recherche un emploi dans le secteur de la petite enfance, idéalement en crèche. Or, 90% (si ce n’est plus) des annonces postées sur le site Pôle Emploi sont des offres CUI/CAE auxquelles je ne peux plus postuler, car je ne correspond plus aux critères d’éligibilité. Tout ça pour vous dire que je me suis tourné vers la mission locale de Châteaurenard, où sont mis à disposition des contrats “emploi d’avenir” (que nous ne pouvons pas consulter sur le site de Pôle Emploi… Pourquoi donc ?).

J’ai obtenu deux entretiens d’embauche dans le cadre d’un emploi d’avenir dans deux crèches différentes. Et ce en l’espace de deux semaines, ce qui est une vraie chance. Je me suis préparé à ces entretiens comme jamais je ne l’avais fait auparavant, pensant que c’était les chances de ma vie. En effet, obtenir un CDD d’un an renouvelable deux fois à temps plein ou partiel est quelque chose de vraiment inespéré de nos jours. Résultats ? Je n’ai pas été retenue, faute d’expérience professionnelle. Ma question est donc : quand nous laisserons-nous la chance de prouver que l’on travail aussi bien qu’une personne ayant plus d’expérience que nous ?

A mon deuxième entretien d’embauche, on m’a vraiment prise pour une débutante. J’ai essayé de me défendre comme je le pouvais mais ça n’a pas marché. Je ne comprend plus le concept des emplois d’avenir instaurés par notre Président de la République. Sur le site dédié à ce nouveau type de contrat, le slogan est : “sans diplôme, tu trouvera du boulot” . D’accord, je pense que c’est possible sachant que les emplois d’avenir offrent une formation. Mais qu’en est-il de ceux et celles qui n’ont pas ou peu d’expérience professionnelle bien qu’ils/qu’elles soient qualifiés ? Et bien nous sommes laissés de côté, comme toujours. J’aimerai que les mentalités changent, il y a tant d’inégalité…

J’en suis maintenant à un point ou je fais appel à ma roue de secours : la garde d’enfant à domicile (qui, la plupart du temps, s’effectue en extrascolaire entre 16h30 et 19h30). J’ai postulé ce weekend dans une dizaine d’agence d’aide à domicile. C’est ma dernière chance pour pouvoir travailler auprès d’enfants, et j’espère ne pas m’y être prise trop tard. Le secteur de la petite enfance est vraiment ma vocation, mais les choses font que l’on m’empêche de m’épanouir dans mon domaine professionnel.

Pensez-vous que je vais bien gagner ma vie en travaillant une poignée d’heure par jour ? J’en doute. L’idéal serai de cumuler plusieurs garde d’enfants, mais est-ce réellement possible ? Bien évidemment, c’est toujours cela de pris. Mais ce n’est pas avec ça que je vais réussir à concrétiser mes projets personnels. Suis-je donc condamnée à vivre chez mes beaux-parents (heureusement qu’ils sont là) en travaillant seulement quelques mois par an ?

A compter de ce mois-ci, je ne touche plus d’allocation d’aide à l’emploi. Je n’ai droit à aucune aide financière, que ce soit le RSA ou toute autre aide. Plus aucune rentrée d’argent ne s’effectuera jusqu’à ce que je trouve un travail. En parlant de cela, pouvez-vous me dire pourquoi les jeunes de moins de 26 ans, n’ayant pas travaillé au minimum 5 ans à temps plein, n’ont pas le droit d’être aidé financièrement ? Comment peut-on croire qu’un jeune de cet âge à la possibilité de travailler 5 ans à temps plein ? C’est une chose quasi-impossible de nos jours. Pourquoi sommes nous autant mis à l’écart ? C’est pourtant à partir de cette tranche d’âges là que nous voulons voler de nos propres ailes. Nos parents ne sont pas toujours là pour nous aider ! Beaucoup ont déjà du mal à subvenir à leurs propres besoins…

Vous comprenez donc qu’il est important pour moi de trouver un travail stable au plus vite. Cette situation m’angoisse au point de mal dormir, et ce depuis deux semaines. J’ai regardé récemment les offres d’emploi sur Pôle Emploi, je peux vous assurer qu’il n’y a rien qui me correspond, que ce soit dans la vente ou même dans la manutention. Les employeurs demande très souvent de de l’expérience que je n’ai pas.

Je pense avoir bien résumé ma situation, qui, je le rappelle, est celle de milliers de français. Je n’attends rien de votre sous-préfecture ou de la préfecture des Bouches-du-Rhône. Vous ne pouvez malheureusement pas faire grand chose. Je veux simplement être entendue. J’aimerai que les choses bougent. Je peux vous assurer qu’être au chômage depuis une certaine période nous fait nous sentir inutile et nul.

Je vous remercie de l’attention que vous porterez à mon mail et vous prie d’agréer, Madame Trucmuche, l’expression de mes salutations distinguées.
Gnagnagna Anaïs”

Vous êtes toujours là ? Quel pavé, punaise ! J’espère que je n’ai pas fait trop de fautes d’orthographe (la honte)… Vous pensez surement que je me plains beaucoup. Peut-être que vous avez raison, mais je galère vraiment à trouver un emploi. La vie n’est pas rose pour tout le monde, nos dirigeants doivent s’en rendre compte ! Je n’attends pas à ce qu’on me serve l’emploi de mes rêves sur un plateau d’argent. Je me répète : je veux juste être entendue, car je ne suis pas la seule dans ce cas là.

7 comments

  • ★Liryc-Sama★ (@LirycSama)

    Ben moi j’ai hâte de la suite! sinon j’ai lu Guarana Anaïs, c’est grave? En tout cas, même si c’est peut-être une cause perdue, tu ne lâches pas l’affaire et c’est admirable! j’ai bien fait de m’inscrire, comme ça je peux lire la suite :D. COURAGE!!!

    • Mllekomiko

      Guarana ? J’avais écris Gnagnagna… Quoi qu’il en soit, ce n’est pas mon nom de famille xD

      Merci pour ce commentaire ! Tu sais, ça me saoule tellement, parfois ça me déprime, et quand je suis cet état, ça me donne encore plus envie de leur écrire pour faire passer le message. Donc en effet, je ne lâche pas l’affaire ! 🙂

  • ★Liryc-Sama★ (@LirycSama)

    Et ça c’est beau! J’espère que ton abnégation portera ces fruits!

  • Margoth

    Je trouve qu’on n’en parle pas assez… Pas ce cercle vicieux de ne pas trouver de boulot en tant que jeune actif mais plutôt de la détresse émotionnelle que le chômage occasionne lorsque la situation dure trop longtemps et que tous les employeurs rencontrés nous aient fermé la porte au nez pour des raisons parfois très discutables. De mon côté, j’ai moi aussi connu cette traversée du désert pendant 2 ans où j’oscillais entre chômage et missions d’intérim en usine à la con de temps à autres. Et je dois bien dire que ce que j’ai vécu durant cette période était assez infâme car en plus de ne pas trouver de travail dans mon secteur de formation, toutes les solutions alimentaires que je tentais capotaient. J’avais beau me fringuer sur mon 31, bien coiffée, bien maquillée, motivée à bloc, sortant mes plus beaux discours de conscience professionnelle sérieuse (et elle est bien réelle et non un vulgaire baratin pour appuyer son profil)… Eh bien non, je me faisais envoyer bouler comme une merde.

    Et même si j’arrivais à sauver les meubles en obtenant quelques missions d’intérim’ (la chaîne pendant 8h, c’est pas drôle mais au moins, ça remplit le frigo quelques temps), j’ai vu des cas assez aberrants… J’avais beau faire mon boulot sans broncher, je me suis vue parfois être surveillée par des chefs d’équipe le chrono à la main, et considérant que je n’étais pas assez rapide à leur goût (va faire abstraction de l’autre qui te fout la pression à te regarder sous toutes coutures), se faisaient une joie de me mettre sur liste noire une fois ma mission terminée. Alors qu’à côté, tu avais des intérimaires, des vieux de 40-50 balais qui revenaient souvent, qui ne branlaient absolument rien de leur journée et étaient partisans du moindre effort. Comment veux-tu t’en sortir dans ces conditions ? Comment veux-tu garder la foi du monde professionnel quand on n’arrête pas de te foutre des bâtons dans les roues, malgré les efforts et sacrifices faits afin de pouvoir survivre sans te retrouver systématiquement à faire la manche dans le domicile parental ?

    Ce qui devait arriva. Au bout d’un moment, c’était la dépression. J’en avais marre de m’emmerder en usine. Mais surtout marre d’une instabilité telle que je devais parfois faire en sorte que 1200 euros me fassent 4 mois car il n’y avait aucune mission pour moi. Tu restes enfermé chez toi comme un ermite, tu ne sors plus, tu te sens minable, inapte à vivre en société (qui, visiblement, ne veut pas de toi non plus de toute manière). L’idée de tout plaquer histoire d’aller finir à crever sous un pont m’a même effleuré, c’est dire à quel point je n’étais pas spécialement bien. D’autant plus qu’à côté, une partie de ma famille qui y allait de sa raillerie : “Pfff, encore au chômage, c’est qu’une feignasse. Du boulot, il n’y a qu’à se baisser pour en trouver (base de l’affirmation: situation du marché durant leur jeunesse, il y a une bonne trentaine d’années). Trop pourrie gâtée par ses parents, elle préfère se laisser vivre aux crochets de ses parents.”.

    Bref, tout ce roman autobiographique futile pour dire qu’être au chômage, ce n’est pas qu’une histoire de tire-au-flanc (bien que ceux qui profitent du système pour ne pas bosser existent, je ne dis pas le contraire). Et que le mal est bien plus profond que ce que les médias veulent bien montrer.

    • Mllekomiko

      Tu résumes tellement bien la situation… Le chômage et la recherche de travail influent sur beaucoup de facteurs ! Je te remercie de ce commentaire qui ne fera qu’appuyer mon article 🙂

  • Lili

    Bonjour, j’ai moi aussi écris au Président de la République qui a entamé des démarches pour m’aider. Mais cela fait déjà un bon mois et je n’ai plus eu de nouvelles depuis sa réponse. Combien de temps cela a t il pris pour vous a compter de votre lettre au Président ? Merci de votre réponse

    • Mllekomiko

      Bonjour Lili,

      Pardon pour la réponse tardive !
      Je ne m’attendais pas à avoir de réponse. Il me semble l’avoir reçu plus d’un mois après… Je ne m’en rappelle plus vraiment, c’était il y a quelques années. Mais n’attendez rien du Président de la république (c’est son chef de cabinet qui vous répondra). tout ce que l’on m’a répondu, c’est quelque chose du genre “je parle de tout ça au Prefet des Boûches-du-Rhone qui en parlera à Pôle Emploi”. En gros, ils ne font rien du tout pour nous aider. Mon emploi, je le doit à mon beau-frère qui a parlé de moi à une de ses connaissances !
      Ne vous découragez pas !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *